L'autre Venezuela où les touristes n'osent s'aventurer

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Claude BÉRUBÉ, collaboration spéciale.

Je m’excuse à monsieur Jean-Bernard Buisson de ne pas être tout à fait objectif en rapportant sa conférence de dimanche dernier à la soirée des Grands Explorateurs à la Maison des Arts. J’ai séjourné à trois reprises au Venezuela à bord de mon voilier. D’un premier abord, j’ai été déçu de ne pas retrouver dans sa présentation les paysages féériques comme la Laguna Grande, les archipels d’îles, les villes et villages de pêcheurs de son littoral.

Le Venezuela était en vedette, dimanche dernier, lors des Grands Explorateurs à la Maison des Arts Desjardins Drummondville.

Un pays dangereux

Les images d’un pays riche par son pétrole avec une population dont 80 % vivent dans une pauvreté digne des pays tiers-mondistes. Un pays dangereux qui, dans les années 90, affichait 300 meurtres mensuellement. Selon des données récentes, on mentionne que le nombre a triplé. Les gens de voiliers comme moi anticipaient les multiples actes de piratages contre nous. Ils baignent dans une corruption qui coule dans leurs veines comme une tare génétique. Au-delà de cette image, j’y ai côtoyé une population chaleureuse et généreuse. Des artisans qui travaillaient avec passion. Je pourrais noircir ces pages d’exemples. Les Vénézuéliens ont choisi un nouveau président populiste qui s’installe au pouvoir comme un dictateur en devenir sous le mentorat de Fidel Castro. Je ne vois pas comment ce pays peut s’en sortir.

De vraies cartes postales

Outre mes propos, il y aussi un immense territoire sauvage aux multiples paysages. Ce sont ces derniers que monsieur Jean-Bernard Buisson a traqués avec sa caméra. Il a laissé de côté tout ce dont je viens d’énumérer pour nous emmener là où les touristes ne vont pas. Là où je ne suis pas allé. Là, d’où beaucoup d’explorateurs ne sont jamais revenus à cause d’une végétation et d’une faune parfois hostiles. Un AUTRE Venezuela que je ne verrai que par l’entremise de ses images. Ce sont de vraies belles cartes postales du Venezuela. De belles photos de la nature vénézuélienne en haute définition grâce au nouvel équipement de la Salle Léo-Paul Therrien. En fait, le Venezuela est un pays si immense qu’il possède des régions et des montagnes, différentes les unes des autres, qu’il est difficile de tout montrer d’un seul trait.

Un conférencier naturaliste

Notre explorateur est un cinéaste et conférencier naturaliste, engagé dans la cause de la biodiversité mondiale, qui a piétiné, caméra à l’épaule, les sentiers des Alpes, des cordillères des Andes, de l’Argentine et de l’Alaska depuis une trentaine d’années. Il est donc évident qu’il nous a montrés du Venezuela des images de régions indigènes comme les Llanos (la savane) peu fréquentés par les touristes, ornées d’une flore exclusive à cette partie du monde et une faune d’animaux rares en voie d’extinction. C’est tout particulièrement dans la région de la Gran Sabana [La Grande Savane] que l'on peut découvrir un des endroits les moins explorés au monde. Avec ses 39000 km² de plateaux partagés entre la savane et la forêt tropicale humide, cette région est quasi inaccessible. Elle est dominée par d'immenses montagnes comme des buttes qui se dressent jusqu'à 1500 mètres au-dessus de la jungle et sont formées d'un très vieux grès de plus de 2 milliards d'années.

La faune la plus vénéneuse au monde

On y trouve également des kilos d'or, mais personne n'ose s'y aventurer, car on y croise la faune la plus vénéneuse au monde dans la jungle. Les espèces de serpents sont nombreuses. Certains dangereux, d'autres inoffensifs, des petits et des grands, des couleurs camouflage aux couleurs les plus vives, comme l'énorme anaconda, Vous avez aussi des serpents à sonnettes, des vipères de 2m50, des pythons, des couleuvres en quantités, soient près de 140 espèces de serpents ! Le serpent corail, le serpent à sonnette, la cuaïma pina, la vipère. À part ces serpents, très connus pour leur venin, on rencontre des constricteurs. Ses images panoramiques renferment aussi des ocelots, pumas, magnifiques perroquets de toutes les couleurs. Et des scènes de descente des rios Paragua et Apure, marquage du bétail avec les derniers vrais cowboys, plantations de cacao équitable dans les hauteurs, mangroves, pêche à la sardine : rien n'échappe à l'objectif de ce passionné. J’y ai vu un autre Venezuela.

Lieux géographiques: Venezuela, Alpes, Andes Argentine Alaska Région de la Gran Sabana Apure

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