Le tonnerre a roulé sur la Maison des arts

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Un texte de Claude Bérubé, collaboration spéciale

Non, pas un roulement de tonnerre. Un roulement de tambours, d’une trentaine de tambours frappés à pleine force et rage avec des mouvements amples par 11 Japonais, dont 5 filles. Le plus gros tambour pèse 400 kilos et mesure un diamètre de 1,75 mètre. Voilà YAMATO, un groupe de Japonais de la ville de Nara, fondé en 1993. Ils ont décidé de propager sur la planète leur tradition la plus ancienne. Celle de ces tambours primitifs, énormes et fabriqués avec le bois d’arbres centenaires et de grandes peaux d’animaux récemment abattus. Pour les faire revivre. Depuis, ils ont fait salle comble dans 51 pays où ils ont présenté 2500 spectacles devant plus de 5 millions de spectateurs.

Le spectacle Yamato, qui a eu lieu vendredi soir à la Maison des arts, a impressionné plusieurs personnes.

Vendredi, ils ont présenté un « show » de percussion et de chorégraphies hallucinant à Drummondville devant une salle comble et conquise. Ils sont passés maîtres dans la technique des tambours. Ils chantent, ils dansent. Parfois, ils cinglent les peaux de leurs tambours avec des baguettes, d’autres fois, ils les frappent avec des bâtons de baseball et même une espèce de massue d’où résonnent un son et un grondement aussi puissants qui se propagent dans l’espace du théâtre.

Évidemment, la culture japonaise cultive le cérémonial dans tous les gestes posés comme la cérémonie du thé, la fabrication des sushis. Ils sont fidèles à eux-mêmes dans ce spectacle où le drame côtoie les cérémonies ancestrales et aussi les plus modernes. Pour maintenir les multiples rythmes à une cadence accélérée tout au long de la soirée, ils entretiennent des corps d’athlète sculptés à l’exacto, dans des poses de guerriers. Il est impossible physiquement à un être humain normal de maintenir une telle performance durant 90 minutes sans une condition physique impeccable. Tous les matins, ils courent 10 kilomètres pour s’attaquer, par la suite, à une session intensive de tambours jusqu’à midi. Sans compter la tournée mondiale et les spectacles qui s’ajoutent.

Acrobates, mimes, poètes pleins d’humour. Certaines pièces passent de la poésie la plus douce, des recueillements spirituels dignes des plus pures traditions shintoïstes et bouddhistes jusqu’aux déferlements passionnés inspirés des arts martiaux. Incroyable que ces instruments aussi puissants puissent côtoyer avec grâce parfois les cymbales, les flutes nipponnes et les cithares japonaises dont les cordes sont pincées par les jeunes filles.

On en a pris plein les oreilles, mais aussi plein les yeux. L’éclairage pourrait se considérer comme le douzième membre de la troupe. À l’intermission après 45 minutes, j’avais l’impression que le tout n’avait duré que 15 minutes. Et ce fut de même pour la deuxième partie qui dépassa largement les 45 minutes pour ajouter les rappels que demandait sans cesse l’auditoire. On ne voulait pas que ça finisse. Cette performance artistique a été tout sauf ennuyeuse. Comme me le confiait mon épouse, s’il n’y avait qu’un seul spectacle à voir dans l’année, ce serait celui-là.

Ce soir-là, à la salle de la Maison des Arts Desjardins, après le tonnerre des tambours, ce furent les tonnerres d’applaudissements qui ont pris la relève.

Organisations: Maison des Arts Desjardins

Lieux géographiques: Drummondville

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  • Jean Lauzon
    04 décembre 2011 - 11:35

    Vous avez raison sur plusieurs points. Précisons toutefois que la salle n'était pas comble, plusieurs sièges vides, notamment au balcon mais aussi au parterre. Beaucoup de savoir-faire et de prouesses techniques, fort appréciables en effet. Une lacune toutefois à mon sens, la transcendance n'était pas au rendez-vous et le public, conquis à l'avance certes, aurait pu se passer de quelques âneries qui peuvent passer pour de l'humour mais qui s'apparentent davantage, je crois, à une forme de compromis de type populiste qui nivelle par le bas ce qui n'aurait pas dû descendre des cimes attendus. Dommage.