D'entrée de jeu, M. Blanchet n'a pas hésité à affirmer que la taxe santé de 200 $ par adulte par année, riche ou pauvre, est une mesure un peu sauvage.
«Elle fait subventionner par les travailleurs de la classe moyenne, donc l’essentiel de gens du Centre-du-Québec, les services de santé même des Québécois les plus riches», a décrié le député de Drummond à l’Assemblée nationale en se réjouissant en contrepartie de la mesure mise de l’avant par son parti et sa chef, Pauline Marois.
«Je nous reprochais parfois, au Parti comme à moi, de dénoncer quand il le faut, oui, mais de ne pas assez avancer nos propres propositions. Maintenant, nous annonçons des candidatures, nous annonçons des mesures, et ça ne sera pas tant une question de promesses coûteuses que de décisions responsables et courageuses. Alors oui, on se prépare aux élections, même si je n’ai toujours personne des autres partis en face de moi», a-t-il d'abord mis en contexte.
Pas un sou à l'ÉtatAu dire d'Yves-François Blanchet, le plus beau dans cette décision, c'est qu'elle ne coûtera pas un sou de plus aux contribuables du Québec.
«Le gouvernement disait avoir besoin de 950 millions $. Il les a pris dans les poches de tout le monde. Il les a pris en particulier dans les poches des travailleurs, ceux qui en ont bien besoin, ces temps-ci, de 400 $ à dépenser pour leur ménage. En récupérant cet argent, la classe moyenne, celle qui en avait besoin, va le remettre dans l’économie», a-t-il expliqué.
Le député de Drummond se dit bien conscient qu'en revanche, la toute petite minorité la plus riche sera davantage mise à contribution, mais il se dit prêt à les rencontrer pour leur présenter la situation.
«Je ne suis pas favorable à ce qu’on surtaxe les entrepreneurs qui ont du succès. Par contre, notre système de santé s’est construit sur des principes d’équité dont tout le monde profite aujourd’hui. Je suis certain qu’ils comprennent que personne ne gagne à l’appauvrissement de centaines de milliers de personnes. Ce sont leurs clients, ces centaines de milliers de personnes», a-t-il fait valoir.
Selon Yves-François Blanchet, presque tous les lecteurs de ce journal vont garder 400 $ de plus à dépenser pour leur famille avec cette mesure du Parti québécois, et ce, tout en plaidant qu'il s'agissait là d'une politique juste et même d'un outil de stimulation pour l’économie.
Au ministre Bachand qui affirme que le PQ relance ainsi la lutte des classes, Yves-François Blanchet lui propose cette réponse.
«Le Québec économique, dynamique, le Québec où les francophones ne sont plus les employés des anglophones, l’économie de propriétaires que même François Legault invoque, ce Québec s’est construit sur une certaine solidarité entre les classes, et peu sur leur confrontation. Je n’ai aucune crainte à expliquer cette mesure à mes amis entrepreneurs», a-t-il répété.
Annonce électoraleM. Blanchet convient que c’est aux contribuables dont le revenu est supérieur à 130 000 $, et plus particulièrement à 250 000 $, qu’un éventuel gouvernement du Parti québécois demandera cet effort additionnel. «Le parti de Pauline Marois compte rétablir une justice économique au Québec en sollicitant un peu plus les mieux nantis, et propose également de revoir la fiscalité applicable à une partie du rendement de certains actifs financiers. Il n'est pas question d'aggraver davantage la situation de nos finances publiques, et il n’est pas question de remettre en question le modèle économique qui a fait le succès du Québec moderne et du Centre-du-Québec», a affirmé celui qui, il ya quelques jours, a fait connaître son intention d'être candidat dans Johnson en vue du prochain scrutin. Incidemment, puisqu'il est question de la prochaine élection, M. Blanchet est le premier à reconnaître que ce n'est pas un hasard si cet engagement arrive comme une première annonce électorale: «Tout notre programme est un engagement politique. À l’approche des élections, nous allons annoncer des choix et des mesures claires, nettes, efficaces, courageuses et justes. Alors oui, c’est un engagement électoral. On verra bien quand Jean Charest nous lancera en campagne électorale, mais au fond, pour le Québec et pour le Centre-du-Québec, le plus tôt nous remplacerons ce gouvernement qui donne nos richesses, qui est le lobbyiste des privilégiés et qui méprise notre identité française, le mieux ce sera!», a conclu un Yves-François Blanchet manifestement anxieux de croiser le fer.(GM)
