Une perte actualisée de 21 M $ en 20 ans pour l'État avec la seule Centrale de Sainte-Brigitte

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Gérard Martin
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La Fondation Rivières met en garde le gouvernement et Hydro-Québec

S'il faut s'en remettre aux chiffres fournis par la Fondation Rivières au gouvernement québécois et à Hydro-Québec, cette société d'État pourrait subir une perte actualisée de 21 millions $ (soit la valeur présente nette en $ de 2014) dans l'hypothèse où, selon le scénario retenu, elle renouvellerait pour 20 ans avec la société Algonquin Power Fund le contrat d'achat d'électricité produite par la seule mini-centrale hydroélectrique de Sainte-Brigitte-des-Saults.

La Fondation Rivières souhaite qu'Hydro-Québec renégocie, s'il y a lieu de le faire, la nouvelle entente avec Algonquin Power Fund sur des bases adaptées à la réalité changeante du marché hydroélectrique, et donc, à un prix d'achat moins risqué pour Hydro-Québec.(Photo : Ghyslain Bergeron)

 

 

À l'analyse d'un tableau accompagnant des lettres envoyées il y a quelques jours à peine à Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles, et à Thierry Vandal, président-directeur général d'Hydro-Québec, on apprend que cette perte en dollars courants cette fois, toujours selon les calculs de ladite Fondation, s'établirait à près de 28 millions $ sur 20 ans dont 911 000 $ pour l'année 2014.

Sans reprendre l'ensemble ses éléments qui ont permis à la Fondation Rivières d'y aller de ces savantes affirmations, lesquels sont détaillés dans les deux lettres en question, on indique que ceux-ci ont été établis dans l'hypothèse d'un renouvellement de contrat en 2014 aux mêmes conditions, c'est-à dire avec une continuité dans les prix.

Revenu d'environ 1,6 million/an

Dans ces missives signées de la main du président de la Fondation Rivières, Alain Saladzius, celui-ci expose que le contrat apparaît davantage bénéfique pour l'exploitant de cette centrale hydroélectrique privée que pour Hydro-Québec.

«Quant à la société Algonquin Power Fund (Canada) inc. et son installation à Sainte-Brigitte-des-

Saults, nous évaluons que pour cette seule centrale d’une puissance installée de 4,5 MW (soit l’équivalent d’environ trois éoliennes en énergie), elle encaisse des revenus de l’ordre de 1,6 M$ annuellement au prix d’achat fixé par Hydro-Québec Production, soit environ 8,1 ç/kWh. Hydro peine à exporter ses surplus au prix de 4 ç/kWh. Hydro-Québec Production perd ainsi actuellement environ 0,9 M$ par année, et le prix d’achat est indexé automatiquement alors qu’aucune garantie n’existe pour le prix de revente de surplus par Hydro-Québec», écrit M. Saladzius pour démontrer selon lui la nécessité de réexaminer les coûts et les pertes liés au renouvellement du contrat qui arrive à échéance en février prochain.

M. Saladzius affirme qu'à l'avis de la Fondation Rivières, Hydro-Québec ne devrait pas payer plus de 4 cents le kWh pour cette électricité que l'organisme juge d'ailleurs inutile et dont la demande à long terme est difficile à prévoir.

«Surtout, fait-il valoir, pour des installations dont les coûts de construction sont probablement déjà entièrement amorties, et pour lesquelles il ne reste que des coûts d’opération et d’entretien à assumer.»

Selon le porte-parole de cet organisme à but non lucratif dont la mission est d'œuvrer à la préservation, la restauration et la mise en valeur du caractère naturel des rivières du Québec, il lui apparaît davantage nécessaire de fixer un prix d'achat plus adapté à la réalité changeante du marché hydroélectrique et moins risqué pour Hydro-Québec. «Nous proposons donc que le renouvellement du contrat puisse se faire seulement au terme d'une période n'excédant pas cinq ans, au lieu de 20 ans.

Nous demeurons disponibles pour tout échange pouvant faire avancer ce dossier dans le meilleur intérêt des Québécoises et des Québécois, ainsi que des parties impliquées», conclut Alain Saladzius dans ses démarches auprès de la ministre Ouellet et du pdg d'Hydro-Québec, M. Vandal.

Les récriminations ne portent pas que sur le seul aspect financier du dossier, loin de là, car la Fondation Rivières, faut-il le rappeler, demande d'abord et avant tout (voir autre texte) que les installations de Sainte-Brigitte-des-Saults soient remises à niveau comme le permettraient certaines clauses de l'entente signée avec le promoteur initial, en l'occurrence Hydro P-1 inc, et ce, avant d'aller plus loin dans les négociations.

Outre Mme Ouellet et M. Vandal, le ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, a d'abord été interpelé sur le volet plus environnemental du dossier.

Organisations: Fondation Rivières, Hydro-Québec, Ressources naturelles Algonquin Power Fund Canada Parcs

Lieux géographiques: Rivières du Québec

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  • Jean-Yves Nadeau
    05 janvier 2014 - 11:04

    Hydro se fout bien de vendre à perte car elle n'a qu'à facturer ses pertes aux clients... Les petits moutons sont bien tranquilles devant leur TV.