La saison des sucres dans Drummond est déjà terminée pour plusieurs producteurs

Lise
Lise Tremblay
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Les propriétaires d'érablières dans la MRC de Drummond ne coulent pas des jours heureux. Pendant que certains tentent de soutirer de précieuses gouttes de leurs arbres, certains ont carrément mis fin à leur production.

Le temps plutôt estival des derniers jours nuit considérablement aux acériculteurs de la région.

C'est le cas de l'Érablière La Pente douce, située à Notre-Dame-du-Bon-Conseil.

«La saison est finie depuis le week-end dernier. La dernière fois qu'on a fait bouillir de l'eau, c'était le 19 mars dernier. Les érables n'ont coulé qu'une semaine. C'est la première fois que nous vivons une telle situation», a fait savoir Claudia Jutras, copropriétaire.

Cette érablière recueille l'eau d'érable de la façon traditionnelle, c'est-à-dire à la chaudière. Malgré le temps presque estival des derniers jours, l'entreprise a réussi tant bien que mal à réaliser 50 % de sa production habituelle.

«C'est sûr que nous vivons de la déception, mais nous demeurons optimistes. Nous avons l'habitude de composer avec une mauvaise saison à tous les trois ou quatre ans. Quand même, je pense qu'on va s'organiser pour entailler nos érables plus tôt l'an prochain. Visiblement, la planète se réchauffe», fait remarquer Mme Jutras, qui s'est dit néanmoins satisfaite du volet restauration de cette année.

«Les gens nous posent beaucoup de questions et aimeraient bien déguster leur tire sur la neige, mais que voulez-vous? Il n'y en a plus, même en campagne!»

Du côté de la cabane à sucre Chez Ti-Père, située dans le secteur Saint-Nicéphore, les choses se passent de la même façon. Les 1200 arbres de l'érablière ont cessé de couler cette semaine, mais les consommateurs sont aussi nombreux à vouloir déguster un traditionnel repas du temps des sucres.

«On peut dire que la production est une catastrophe, exprime la propriétaire Cécile Boyce. Nous n'avons même pas réussi à produire la moitié de ce qu'on a fait l'an dernier. Nous devons acheter davantage de sirop pour servir les repas. Si la chaleur continue ainsi, je crains que les gens ne préfèrent aller jouer au golf et préparer leur chalet que de venir manger à la cabane.»

Propriétaire de trois érablières entièrement automatisées dans la MRC de Drummond, soit deux situées dans le secteur de Saint-Joachim-de-Courval et une localisée à Sainte-Brigitte-des-Sault, Gilles Marcotte a entaillé pas moins de 19 500 arbres ce printemps. On peut le deviner, malgré la technologie, la déception est au rendez-vous.

«Jusqu'à présent, nous estimons que nous avons fait 60 % de notre rendement habituel. On s'amuse à dire que nous faisons du sirop d'été! Vous savez, quand on démarre une érablière, il faut réaliser que l'on part une entreprise qui n'a pas fonctionné durant dix mois. C'est beaucoup de travail et, cette année, les résultats sont décevants», communique l'acériculteur, en me manquant pas de souligner que la saison n'est pas encore tout à fait terminée de son côté.

«Ce matin (vendredi), il y a un vent du nord. J'espère que le froid reviendra pour quelques jours. Ça coule encore, on est chanceux.»

Lieux géographiques: Notre-Dame-du-Bon-Conseil, Secteur Saint-Nicéphore, MRC de Drummond Secteur de Saint-Joachim-de-Courval Sainte-Brigitte-des-Sault

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