Parmi les personnes qui ont accepté de relever ce défi, si on peut s'exprimer ainsi, soulignons François Choquette, député de Drummond à la Chambre des communes, et Annick Bellavance, conseillère municipale à la Ville de Drummondville.
Durant quelques heures, ces élus se sont donc prêtés au jeu «Sur la corde raide» qui consiste à entrer dans la peau d'un personnage disposant d'un revenu très limité. Comme dans la vraie vie, des épreuves inattendues ont surgi durant le jeu, comme la réparation d'un réfrigérateur, le renouvellement d'une carte d'assurance-maladie, l'achat d'un médicament, etc.
Pour M. Choquette, cette expérience lui a permis de constater à quelle vitesse la situation financière d'une personne peut basculer et que l'endettement peut devenir malheureusement la seule option possible. Il a constaté aussi que les préoccupations grugeaient tellement les énergies des personnages qu'aucun n'arrivait à rechercher activement un emploi.
«Cette expérience était vraiment intéressante principalement parce qu'elle était d'un grand réalisme. Ces épreuves peuvent arriver à tout le monde et cela démontre toute l'importance des ressources de première ligne qui viennent en aide à ceux qui en ont besoin», a-t-il communiqué.
En rappelant qu'il n'est pas nécessairement facile pour une personne qui se retrouve au chômage de se trouver un nouvel emploi rapidement, Mme Bellavance a souligné que ce jeu lui a permis de découvrir un triste univers.
«Pour les besoins du jeu, j'ai dû composer avec la situation financière de Lucie, qui avait un revenu de 435 $ par mois. Dans son cas, il était impossible de prévoir l'imprévu. Elle n'avait aucun sou pour les loisirs, les cafés, les vêtements ni même pour se couper les cheveux. Elle avait un budget de 65 $ par mois pour de la nourriture. C'est très triste de penser que des personnes, chez nous, vivent pareilles situations», a-t-elle donné à entendre.
Car oui, selon le comité du Refus de la misère, de nombreuses familles se tiennent sur la corde raide en région. Des membres du comité en sont parfois témoins.
«Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué, mais derrière les reçus du supermarché IGA, il y a un coupon-rabais (formule 2 repas au prix d'un) pour le restaurant O Déli Délice. Or, il y a quelques jours, une bonne amie m'a confié qu'une dame, qu'elle ne connaissait pas, lui a demandé si elle pouvait s'asseoir avec elle au restaurant. Elle avait en main ce coupon et souhaitait être en mesure de manger un repas. Quand elle m'a raconté cette histoire, j'ai eu beaucoup de peine pour cette inconnue qui avait faim…», a partagé Jacqueline Ayotte, membre du comité.
Parce qu'il est important de développer une conscience sociale, le comité invite enfin la population à jouer au jeu «Sur la corde raide» disponible sur le site Web www.pauvreté.qc.ca.

