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Ils demandent l’adoption d’un véritable moratoire incluant le pétrole et le gaz de schiste

Une centaine de personnes se sont réunies pour l’occasion.

Une centaine de personnes se sont réunies pour l’occasion.

Cynthia Giguere-Martel
Publié le 22 Septembre 2012
Publié le 22 Septembre 2012
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1ère Journée internationale contre la fracturation

Six groupes opposés à l’exploitation des gaz de schiste ont souligné ensemble, samedi, au Best Western Hôtel Universel de Drummondville, la 1ère Journée internationale contre la fracturation. Ils ont profité de l’occasion pour interpeler le gouvernement péquiste qui s’est engagé à décréter un véritable moratoire sur les gaz de schiste. «Il doit sans tarder l’officialiser et l’étendre à la fracturation pour le pétrole au Québec», ont-ils martelé.

Sujets :
RIGSVSL , Association québécoise , Ressources naturelles , Québec , Vallée du Saint-Laurent , États-Unis

Le congrès réunissait le Regroupement interrégional gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL), l’initiative citoyenne Non à une marée noire dans le Saint-Laurent, l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), la Coalition Eau secours, Alternatives et le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste.

«Présent dans plus de 40 pays, l’industrie du gaz de schiste rencontre de l’opposition à peu près partout où elle s’installe. Et, à l’instar de centaines de groupes citoyens, sociaux et environnementaux que l’on retrouve, par exemple, aux États-Unis, en France, en Belgique, et en Afrique du Sud, nous souhaitons que le Québec mette un terme à toute fracturation sur son territoire, de manière à enrayer cette aberration qui menace l’environnement, le climat et la protection de l’atmosphère», a fait valoir Kim Cornelissen, vice-présidente de l’AQLPA.

Le 20 septembre dernier, la nouvelle ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a confirmé que le gouvernement de Pauline Marois imposerait un moratoire complet sur l’exploitation et l’exploration du gaz de schiste au Québec.

«Avec cette décision, nous constatons que le Québec continue de faire partie de l’avant-garde», a affirmé Michel Lambert, directeur général d’Alternatives.

Malgré cette bonne nouvelle, les représentants des groupes, bien que réjouis, s’entendent pour dire que l’affaire n’est pas encore classée.

«Il y aura moratoire quand il y aura décret à cet effet. On espère que ce sera très bientôt», a souligné Mme Cornelissen.

«Au Québec et dans le monde, la mobilisation citoyenne contre la fracturation est plus forte que jamais. Avec l’appui de 90 comités citoyens contre le gaz de schiste, le gouvernement du Québec peut agir sans tarder et décréter un moratoire complet qui doit avoir aussi force de loi», a renchéri Serge Fortier, porte-parole du RIGSVSL, indiquant que 37 000 signatures de citoyens refusant la présence des compagnies gazières dans leur communauté ont récemment été déposées à l’Assemblée nationale.

Les groupes demandent donc maintenant à la Coalition Avenir Québec et à Québec solidaire d’appuyer la ministre Ouellet dans sa décision.

Dommages collatéraux

La fracturation hydraulique, technique d’extraction de gaz de schiste, entraîne des dommages collatéraux sur l’environnement.

Ce procédé consiste à injecter à grande pression de l'eau mélangée à du sable et des produits ménagers que l’on peut trouver sous l’évier de cuisine. D’ailleurs, cette semaine, le Centre québécois du droit de l’environnement a obtenu la liste des composés chimiques utilisés dans les fluides de fracturation de l’entreprise Talisman.

«Daniel Chapdelaine, professeur de chimie de l’UQAM et membre du collectif scientifique sur les gaz de schiste, a observé qu’il y a plusieurs produits toxiques pour les humains, des polluants à long terme des milieux aquatiques et des cancérigènes», a précisé Mme Cornelissen, au nom de Lucie Sauvé du Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste.

Martine Chatelain, présidente de la Coalition Eau Secours, a soutenu qu’il est primordial de protéger la qualité et l’accessibilité à l’eau potable, et c’est par un moratoire complet qu’on y parviendra.

«L’eau est une ressource dont on ne peut pas se passer. Il existe des alternatives au gaz contrairement à l’eau. Je tiens à rappeler que 100 000 litres d’eau sont utilisés par fracturation. Les compagnies gazières peuvent forer un puits six à huit fois. Imaginez le nombre de litres d’eau que ça nécessiterait pour les milliers de puits dans la vallée du Saint-Laurent, où sont situées les terres agricoles les plus prospères du Québec. Quelle eau va servir à alimenter le bétail et à arroser nos champs? Probablement l’eau de fracturation…», a-t-elle déploré.

Le député de Drummond à la Chambre des communes, François Choquette, était présent samedi. Celui qui milite activement pour cette cause a rencontré jusqu’à maintenant des centaines de citoyens, notamment lors d’une tournée de consultation canadienne. Selon lui, la fracturation a des impacts très graves sur la vie des humains et ainsi que sur la biodiversité.

«Plutôt que de continuer à subventionner le gaz, le pétrole et le charbon, il serait beaucoup plus profitable pour notre avenir et moins dangereux pour nous ainsi que pour la biodiversité d’investir dans les énergies renouvelables», a-t-il expliqué.

Notons en terminant que la Journée internationale contre la fracturation a été officialisée à la suite du Sommet des peuples, qui s’est déroulé en juin dernier, en marge de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20).

«L’eau, l’air et le droit à une vie en santé sont des valeurs fondamentales qu’il faut préserver. Cette journée fait appel à ne pas sombrer dans l’irresponsabilité criminelle envers nos enfants», a laissé tomber M. Fortier.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Danielle Rochette
    - 23 Septembre 2012 à 11:52:09

    Votre texte: "Ce procédé consiste à injecter à grande pression de l'eau mélangée à du sable et des produits ménagers que l'on peut trouver sous l'évier de cuisine." Une précision: l'injection dans le sol de "produits ménagers que l'on peut trouver sous l'évier de cuisine", c'est le discours que tient l'industrie gazière devant les citoyens quand elle veut les rassurer. J'ai compris que lorsque la liste des composés chimiques founie très récemment par Talisman aura été entièrement étudiée, nous pourrions en savoir plus long sur ce qui entre, en fait, dans les fluides de fracturation.

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