Branle-bas syndical à l’hôtel de ville

Jean-Pierre
Jean-Pierre Boisvert
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MANIFESTATION.Une centaine de membres du Syndicat canadien de la fonction publique, venus de Montréal dans deux autobus, ont été très bruyants ce soir à l’hôtel de ville de Drummondville où se tenait une assemblée régulière du Conseil municipal qui a été marquée par une question posée par leur leader syndical à l’endroit du 2e vice-président de l’UMQ, le maire Alexandre Cusson.

Alors que les visiteurs étaient restés à l’extérieur, flutes au bec pour se faire entendre, posant des centaines de d’autocollants sur la porte d’entrée principale de l’hôtel de ville ainsi que sur le véhicule du maire, Patrick Gloutney, président du Conseil provincial secteur municipal du SCFP, accompagné de quelques camarades, a assisté à l’assemblée pour finalement s’avancer au micro à la période de questions. La salle du conseil était surveillée par deux policiers de la Sûreté du Québec et par des agents de sécurité. Trois véhicules de la SQ étaient stationnés à l’extérieur, gyrophares allumés.

«Nous manifestons contre le pouvoir que Québec donnera aux municipalités de décréter des conditions de travail des employés cols bleus et cols blancs dans les futures négociations. Cela mettra en péril notre société de droit qui a toujours permis, depuis 50 ans, que les conventions collectives se règlent de bonne foi. Vous, M. Cusson, êtes-vous d’accord avec ça?», a demandé Patrick Gloutney, disant représenter 72 % des employés municipaux au Québec.

«Je suis d’accord pour que le gouvernement du Québec accorde aux municipalités le pouvoir de limiter leurs dépenses. Il a nécessité d’équilibrer le rapport de forces. Cependant, ici à Drummondville, il n’est pas dans notre intention d’agir de façon sauvage», a expliqué le maire Cusson avant de reconnaître qu’il était effectivement d’accord avec le projet de loi, «qui n’est pas encore adopté», a-t-il pris soin d’ajouter.

Le discours non officiel a toutefois été plus féroce. M. Gloutney a indiqué à L’Express avant d’entrer à l’hôtel de ville que ce pouvoir, accordé en marge du pacte fiscal, a été donné pour faire plaisir aux maires Coderre et Labeaume. «Nous sommes venus à Drummondville parce que le maire est le 2e vice-président de l’UMQ (Union des municipalités du Québec) et qu’il est donc une personne influente. Il y aura d’autres manifestations. Tout est sur la table. Nous dérangerons tous les maires, un par un s’il le faut », a promis le représentant syndical.

En entrevue avec les journalistes locaux à la fin de la soirée, Alexandre Cusson s’est montré plus affirmatif. «Je suis pour tous les débats mais ça doit se faire de façon civilisée. Mettre des collants partout, y compris sur ma voiture, ça ne me dérange pas. Mais plusieurs des employés ici ont eu peur de sortir, ils étaient intimidés. S’ils veulent revenir aux années 70, à une époque où ils pouvaient faire sauter la banque, ce temps-là est fini. Il est arrivé que, parce qu’on faisait des folies ailleurs, on était obligé de faire pareil. Je veux bien comprendre leurs frustrations mais ils n’ont pas être inquiets», a-t-il laissé entendre sur un ton ferme.

Organisations: Sûreté du Québec, Conseil provincial, Union des municipalités du Québec

Lieux géographiques: Québec, Drummondville, Labeaume

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  • Caroline
    16 février 2016 - 10:51

    J'y étais et c'est désolant de lire cette partie du texte qui nous démontre comme étant des gens «agressifs» : extrait du maire : [Mais plusieurs des employés ici ont eu peur de sortir, ils étaient intimidés.] Faux, chaque personne qui rentrait ou sortait, passait sans aucune difficulté. Ne se faisait pas accoster ni déranger. Avec même des sourires et ayant été là du début à la fin, je n'ai croisé que très peu de personnes par la porte où nous étions. À peine 5 ou 6. De dire cela est de falsifier la vérité simplement pour manipuler l'opinion publique. Voilà, ce qui se devait d'être dit est dit.