Des correctifs aux installations de Sainte-Brigitte et une garantie de gestion sécuritaire du barrage

Gérard
Gérard Martin
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Deux conditions essentielles aux yeux de la Fondation Rivières

Nouveau joueur ayant fait récemment son entrée par la bande dans le dossier de la reconduction par Hydro-Québec du contrat d’achat d’électricité avec la société Algonquin Power Fund (Canada) inc. pour sa centrale hydroélectrique de Sainte-Brigitte-des-Saults, la Fondation Rivières soumet à la société d'État et au gouvernement québécois deux recommandations lui apparaissant essentielles avant que l'on ne conclut tout autre prolongement d'entente avec cette compagnie ontarienne.

La Fondation Rivières réclame du gouvernement et d'Hydro-Québec que des correctifs soient apportés aux installations de Sainte-Brigitte-des-Saults avant de procéder au renouvellement d'une entente avec Algonquin, et ce, si tel est le cas, à des prix revus à la baisse.(Photo : Ghyslain Bergeron)


 

Dans deux lettres comportant plusieurs paragraphes communs, l'organisme dédié à la protection des cours d'eau demande à la fois au pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, et à la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, que la reconduction du contrat d’achat d’électricité ne soit pas effectuée tant d'abord que les installations de Sainte-Brigitte-des-Saults n’auront pas été corrigées et pas avant ensuite que la gestion du barrage ne soit jugée sécuritaire par un organisme d'évaluation indépendant.

À cet égard, le signataire des deux lettres, Alain Saladzius, président de la Fondation Rivières, n'est pas sans rappeler que cet aspect de la gestion sécuritaire, sans inondation, est d’ailleurs actuellement devant la Cour d’appel.

Il faut savoir en effet que le citoyen brigittois Jacques-Laurent Lampron, après avoir échoué en Cour supérieure pour obtenir des dédommagements à la suite de l'inondation d'avril 2001, a obtenu le feu vert de la Cour pour porter sa décision en appel.

Des irrégularités à corriger

Dans cette optique, M. Saladzius porte à l'attention de ces interlocuteurs les irrégularités identifiées par la Commission d’enquête sur la politique d’achat par Hydro-Québec d’électricité auprès de producteurs privés lors de l'autorisation de construction du barrage par le ministère de l’Environnement alors que le promoteur initial était Hydro P-1 inc.

«Alors que la commission d’enquête avait déjà, à l’époque, mentionné les irrégularités au dossier, il appert clairement que les corrections nécessaires n’ont toujours pas été apportées et qu’Hydro-

Québec continue d’acheter de l’électricité provenant de ces installations dommageables pour l’environnement. Pourtant, les contrats signés à l’époque prévoient qu’Hydro-Québec n’est pas tenu d’acheter l'électricité provenant d’installations non-conformes», écrit le président de Fondation Rivières à M. Vandal en lui signifiant avoir récemment adressé des lettres aux ministres Blanchet et Ouellet relatives à cette problématique.

Parmi les irrégularités ayant été rapportées à ces deux ministres, il est question notamment de la non construction d'une passe migratoire pour les poissons, de l'absence d'un débit réservé adéquat en fonction de conditions hydrauliques minimales et de l'assèchement quasi permanent d'une section de la rivière.

M. Saladzius se permet même de rappeler au pdg d'Hydro-Québec deux articles du contrat signé par Hydro-Québec et Hydro P-1 inc. qui, laissent-ils à entendre, pourraient être appliqués dans le cadre de ces négociations avec Algonquin Power Fund (Canada) inc.

D'une part, l’article 28b) prévoit spécifiquement que: «Hydro-Québec peut refuser de prendre livraison de l'électricité sans en payer le prix si le producteur contrevient à une exigence de sécurité publique.»

À cet effet, le président de la Fondation Rivières plaide que depuis la construction de la centrale, les riverains demeurant en amont du barrage se sont plaints concernant des embâcles et inondations ayant causé des dommages matériels sur leurs résidences et leurs terrains.

«Cela a nécessité des évacuations d'urgence supervisées par les autorités municipales et la Direction régionale de la sécurité civile», précise-t-il en guise de complément.

Alain Saladzius fait également part à M. Vandal de l'article 3 du même contrat qui pourrait être retenu dans la foulée de ces négociations.

L'article en question stipule que: «Les conditions d'achat qui auront été établies par Hydro à l'époque visée s'appliqueront lors du renouvellement. (…) Hydro pourra refuser le renouvellement du contrat uniquement dans le cas où le producteur est en défaut quant à une obligation matérielle et substantielle du présent contrat.»

Pour Alain Saladzius, il ne fait pas de doute qu'une attestation émise par le MDDEFP, indiquant ce respect des conditions environnementales pour cette installation construite dans les années 90, devrait donc être exigée.

«De façon générale, nous croyons que le respect des conditions environnementales devrait être méticuleusement vérifié avant l'attribution de tout contrat d’achat d’électricité par Hydro-Québec, et lors du renouvellement des droits de location des forces hydrauliques qui arrivent à échéance pour toutes les centrales comprises dans l'Appel de propositions restreint 91 (APR-91)», fait valoir le président de la Fondation Rivières, organisme qui n'en est pas à sa première intervention dans un dossier de barrages hydroélectriques et qui en mène quelques autres de front d'ailleurs.

Organisations: Hydro-Québec, Fondation Rivières, Ressources naturelles Cour d’appel Cour supérieure Commission d’enquête sur la politique d’achat par Hydro-Québec d’électricité Ministère de l’Environnement Algonquin Power Fund Canada MDDEFP

Lieux géographiques: Sainte-Brigitte, Québec

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires