L’abus d’alcool peut demeurer dangereux même quand le taux d’alcoolémie est revenu à zéro

Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Même après avoir dormi, même après que le corps ait métabolisé tout l’alcool consommé, même avec un taux d’alcoolémie revenu à zéro, la consommation abusive a des effets étendus et l’on peut fort bien ne plus être en possession de ses moyens pendant 24 heures après la fin d’une cuite. Telle est la principale conclusion de la toute dernière publication de la collection Alcool et santé d’Éduc’alcool consacrée aux «lendemains de veille» que l’organisme a rendue publique récemment.

«Après une consommation excessive, les malaises apparaissent quand la concentration d’alcool dans le sang amorce sa descente et ils sont à leur point culminant quand elle est redescendue à zéro», de préciser le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy.

Avoir la gueule de bois peut être dangereux

Lorsqu’on a la gueule de bois, on se sent souvent très mal. Avoir mal à la tête, trembler et suer, avoir des troubles de vision et ne pas parvenir à se concentrer est tout aussi dangereux qu’être saoul. Dans ces conditions, utiliser un véhicule, une machine ou un outil, faire une activité physique dangereuse, être responsable de la sécurité d’autres personnes ou prendre d’importantes décisions est absolument contre-indiqué et irresponsable.

Cette mise en garde s’adresse à tous les buveurs, mais les jeunes doivent y porter une attention particulière. En effet, les jeunes s’intoxiquent davantage que leurs aînés et rapportent plus souvent des gueules de bois. Or, bon nombre d’entre eux occupent des emplois saisonniers qui demandent à la fois d’exécuter des activités physiques et d’assurer la sécurité d’autres personnes. On pense ici aux moniteurs de camps de jour ou de camps de vacances, aux instructeurs sportifs ou encore aux sauveteurs et surveillants des plans d’eau. Pour ces personnes, avoir une gueule de bois n’est pas simplement déplaisant, c’est grave, dangereux et ça peut même être criminel.

«Dès lors, si on souhaite être en pleine possession de ses moyens, il est essentiel de s’en tenir aux directives de consommation à faible risque, de bien saisir que la consommation excessive, même occasionnelle, pose de sérieux problèmes et qu’il est de très loin préférable de boire plus régulièrement de petites quantités d’alcool qu’occasionnellement de grosses quantités», a poursuivi Hubert Sacy qui a précisé que c’est la Société de sauvetage qui a attiré l’attention d’Éduc’alcool sur le besoin de sensibilisation aux problèmes des lendemains de veille.

Acétaminophène et ibuprofène : pas toujours la meilleure solution

Quoique le mal de tête soit un symptôme rapporté par près de 90 % des personnes qui ont une gueule de bois, Éduc’alcool souligne qu’il n’est pas conseillé à tous de consommer de l’acétaminophène (Tylenol) pour réduire la douleur. En fait, si ce produit est toléré chez les buveurs occasionnels qui auraient trop bu, il est strictement contre-indiqué chez les personnes dépendantes à l’alcool (alcooliques) qui ont reçu un diagnostic de problèmes hépatiques. Chez ces dernières, l’interaction entre l’alcool et l’acétaminophène augmente significativement le risque de toxicité et peut causer des lésions au foie, même lorsque le médicament est pris le jour suivant.

Selon la sensibilité de chaque consommateur, le mélange de l’alcool avec l’acide acétylsalicylique contenu dans des analgésiques comme l’AAS (aspirine) ou l’ibuprofène (Advil, Motrin) est lui aussi déconseillé. Chez les personnes vulnérables aux crises gastro-intestinales, la prise de ces médicaments pourrait exacerber les effets irritants de l’alcool.

«Les seuls traitements sécuritaires contre la douleur associée au lendemain de veille sont ceux d’une saine hygiène de vie : faire de l’exercice afin d’augmenter l’apport en oxygène aux cellules et se réhydrater en buvant beaucoup d’eau, puis en mangeant quelque chose de simple. Pour le reste, seul le temps fera son œuvre», a conclu Hubert Sacy

Des statistiques éloquentes : un buveur sur dix est concerné

Parmi les Québécois de 12 ans et plus, 26 % des hommes et 11 % des femmes ont consommé cinq verres ou plus lors d’une même occasion au moins une fois au cours de la dernière année. Cette proportion est plus grande chez les jeunes : 40 % des 18-24 ans rapportent avoir consommé de façon abusive au cours de la dernière année.

Les plus récents travaux en alcoologie indiquant que parmi les personnes qui consomment excessivement, la prévalence du lendemain de veille serait aux alentours de 75 %, on peut estimer que, chez nous, près d’un consommateur d’alcool sur dix a souffert d’une gueule de bois sur une base plus ou moins régulière. À l’inverse, pour environ 25 % des buveurs, la consommation excessive ne se traduit pas par une gueule de bois. L’explication de ce phénomène est vraisemblablement génétique, mais à ce jour, les scientifiques n’ont toujours pas apporté de réponse définitive.

Contenu et disponibilité de la publication

Cette nouvelle monographie d’Éduc’alcool vise à démystifier le phénomène du lendemain de veille et à départager les mythes des réalités qui entourent cette autre conséquence négative de la consommation excessive d’alcool.

Elle présente clairement les symptômes, puis les causes et finalement les facteurs de risque des lendemains de veille. Elle expose aussi brièvement les conséquences et les complications souvent mésestimées qui sont associées à cette problématique. Elle propose enfin de l’information sur la prévention à l’égard des lendemains de veille.

«Alcool et lendemains de veille» peut être téléchargée à partir du site Internet d’Éduc’alcool (www.educalcool.qc.ca). On peut aussi la recevoir sans frais en communiquant avec Éduc’alcool au 1 888 ALCOOL1. Elle sera également disponible sous peu dans les hôpitaux, les CLSC et les succursales de la Société des alcools du Québec.

Organisations: Société de sauvetage, Société des alcools du Québec

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires