Le plus beau dans tout cela, vous l'aurez compris, c'est que ce projet littéraire est aussi à forte saveur intergénérationnelle et a permis d'accoucher du recueil «L'histoire à leur raconter» édité par l'Association pour la Création littéraire chez les jeunes.
Louise Rajotte, intervenante sociale, et Lucie Rajotte, coordonnatrice de ce projet né de l'initiative de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), sont là-bas pour en faire la petite histoire lors d'ateliers qui se déroulent tout au cours de ce prestigieux rassemblement.
Le projet drummondvillois tombe à point lorsque l'on sait que l'un des quatre grands thèmes abordés concerne la place occupée par le français dans l'univers numérique.
Incidemment, grâce au partenariat avec l'Association de Création littéraire sur le Web, la section Centre-du-Québec de l'AQDR peut également faire rayonner son projet à travers tous les pays francophones ayant accès à Internet.
LancementComme il se le doit cependant, c'est à Drummondville, plus précisément aux Terrasses de la Fonderie, qu'a eu lieu, tout juste avant la fin des classes, le lancement de cet ouvrage comprenant 17 récits colligés par 29 élèves de 3e secondaire du Collège Saint-Bernard au terme de rencontres à cœur ouvert avec des aînés ayant accepté de témoigner un aspect de leur vécu.
Ces 17 personnes, âgées entre 65 et 95 ans, ont été recensées à travers diverses résidences dont les Terrasses de la Fonderie, les Jardins de la Cité, Saint-Frédéric, L'Ermitage et l'OMHD, mais sont aussi des membres du Mouvement des Personnes d'Abord et de l'AQDR, il va sans dire.
Tout cela a donné lieu à de merveilleuses histoires, parfois difficiles à entendre pour des jeunes écrivains qui ont accepté de reculer de 50 à 80 ans dans le temps pour découvrir des réalités qui n'ont plus rien en commun avec la vie d'aujourd'hui.
On y retrouve quelques titres révélateurs comme: «Mon entrée dans l'armée canadienne lors de la Deuxième Guerre mondial», «La crèche d'Youville à Montréal», «Les enfants de Duplessis» ou encore «La bataille de Normandie, juin 1944» pour se convaincre que certains sont allés au plus profond de souvenirs qui les habitent parfois encore.
D'autres aînés ont abordé avec la même ouverture des sujets plus vastes ou parfois plus légers, et non moins passionnants, comme la vie rurale, la passion pour les ponts couverts, les plantes au service de la justice ou, tout simplement, la vie quand j'étais plus jeune ou l'intimidation, un enjeu depuis toujours.
D'ailleurs, Yves-François Blanchet, député de Drummond, qui a eu l'honneur de signer la préface, a tenu à rendre hommage à la fois aux jeunes qui ont pris le temps d'écouter et aussi, bien sûr, aux moins jeunes qui se sont ainsi livrés parfois aussi loin que sous le signe de la confidence.
«Grâce à eux, nous découvrons que la jeunesse dure bien plus longtemps que trop d'entre nous le croient. Grâce à eux, la preuve brille à l'effet que les moins jeunes peuvent encore beaucoup. Grâce à eux et aux ponts qu'ils construisent, la jeunesse sait de plus en plus, de mieux en mieux», a témoigné le député Blanchet en se disant fasciné et séduit par le message d'optimisme diffusé dans ce recueil.
Le directeur général adjoint du CSB, Luc Gaudreau, y va du même constat, tout en y ajoutant une autre dimension.
«Au-delà du partage, de la coopération et de la persévérance qui sont au cœur de la mission du Collège et dont témoignent à chaque jour les membres de son personnel envers les élèves, ce projet vient redire l'importance de la transmission de la culture, du patrimoine», a fait part M. Gaudreau en ne manquant pas de remercier de façon particulière Caroline Chagnon et Marie-Êve Poulin, enseignantes de français au secondaire, pour leur indispensable apport au projet.
Pour mieux résumer l'esprit du projet "Une histoire à raconter, l'Histoire à s'approprier", Lucie Rajotte a emprunté une pensée tirée du livre "Quand les bateaux reviennent" et qui dit: «se souvenir, c'est témoigner avec reconnaissance de la fidélité envers ceux qui ont vécu et ne point rompre la chaîne qui nous tient unis dans le temps, du passé au futur en l'immortel présent.»

