Feu vert aux potagers de façade à Drummondville

Jean-Pierre
Jean-Pierre Boisvert
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La nouvelle règlementation sera adoptée ce soir

Après une controverse qui aura pris des proportions «planétaires», les potagers urbains devant les résidences seront autorisés par un règlement municipal que les élus de la Ville de Drummondville adopteront ce soir en assemblée régulière.

Josée Landry, le Directeur du Service de l’urbanisme, Michel Beauchamp, les élus John Husk, Annick Bellavance et Alain Martel, ainsi que la mairesse Francine Ruest Jutras ont annoncé la nouvelle règlementation.

L’annonce en a été faite ce matin à l’hôtel de ville où la mairesse Francine Ruest Jutras, accompagnée du directeur du Service de l’urbanisme, Denis Jauron, de quelques élus, et en présence de Michel Beauchamp et Josée Landry, les deux jardiniers citoyens à l’origine du fameux débat, a fait connaître la nouvelle règlementation qui se veut, selon elle, «à la fois avant-gardiste et inspirante et qui souhaite aussi assurer l’harmonie des quartiers résidentiels».

Après avoir rappelé que les deux propriétaires avaient aménagé l’été dernier un jardin potager dans la cour avant de leur résidence située dans le secteur Saint-Charles, là où c’était permis avant l’avènement de la fusion municipale avec Drummondville qui avait un règlement qui, au contraire, l’interdisait, la mairesse a expliqué les nouvelles dispositions de la nouvelle règlementation née de discussions au sein d’un comité spécial composé d’élus et de membres du Service de l’urbanisme.

Ainsi, les nouvelles dispositions du règlement de zonage autoriseront les potagers en cours avant pour tous les usages, qu'ils soient résidentiels, commerciaux, industriels ou communautaires. Des structures amovibles pour les potagers seront également permises du 1er mai au 1er novembre. Ces structures, de même que les plantations, devront respecter certaines balises touchant notamment la hauteur maximale, comme cela est déjà le cas pour tous les autres types d'aménagements paysagers.

Par exemple, l'aménagement de ces potagers en cour avant devra respecter un dégagement minimal de 0,5 mètre mesuré à partir des limites des terrains voisins, D'autre part, pour des motifs d'esthétique et de sécurité, les plantations ainsi que les structures s'y rapportant ne devront pas excéder une hauteur d'un mètre sur une distance de 2,15 mètres en s'approchant de la résidence et les structures devront être de couleur sobre et uniforme.

En outre, le numéro civique devra être visible en tout temps à partir de la rue et les accès aux bâtiments devront également rester libres.

Un point déterminant du débat a touché l'utilisation de l'emprise municipale. Les élus précisent à ce sujet qu'une tolérance sera exercée mais insistent sur le fait que cet espace demeure la propriété de la Ville et que celle-ci pourra y effectuer les travaux nécessaires et procéder au démantèlement de ce qui sera sur l'emprise en tout temps et sans compensation. Aucun permis ne sera nécessaire lors de l'aménagement d'un potager. De plus, comme pour tout autre aménagement paysager, le règlement touchant la gestion de l'eau potable devra être respecté dans son intégralité.

«Il est utile de noter que peu de villes au Québec ont procédé à l'adoption d'une telle réglementation et que Drummondville fait en quelque sorte école à ce chapitre», a tenu à faire valoir Mme Ruest Jutras. «La Ville s’est montrée très ouverte et transparente dans ce dossier», a-t-elle déclaré.

Michel Beauchamp et Josée Landry se sont dits ravis de la décision des autorités drummondvilloises de donner le feu vert aux résidants qui veulent aménager un potager en façade de leur résidence. «Je suis content, car c'est une tendance mondiale. Depuis deux ou trois ans, il y a un essor incroyable, des mouvements en Angleterre et en France», a commenté M. Beauchamp.

En raison de la force des réseaux sociaux, le débat a largement dépassé les frontières du Québec, suscitant des réflexions, parfois même agressives, en provenance de l’Europe, de l’Australie et de l’Amérique du Sud, notamment. «C’est la symbolique de l’affaire qui a attiré l’attention, a souligné John Husk. L’agriculture urbaine et l’environnement sont des valeurs défendues à travers le monde. La Ville de Drummondville a paru comme un cancre, certains disant que les jardins étaient carrément interdits, ce qui n’était pas vrai. Mais l’important, c’est que nous avons progressé».

Michel Beauchamp et Josée Landry ont publié un livre s’intitulant « Le potager urbain » qui sera disponible le 21 avril. Ils y expliquent comment s’y prendre pour réussir un tel potager. Il faut dire que celui qu’ils ont aménagé au 595 du Richelieu s’est attiré majoritairement des éloges.

Organisations: Service de l’urbanisme, Ville de Drummondville

Lieux géographiques: Drummondville, Secteur Saint-Charles, Québec Angleterre France Europe Australie Amérique du Sud

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  • Berthe Tessier
    03 avril 2013 - 14:26

    Bravo Mme Landry et M. Beauchamp. Et merci. C'est grâce à votre générosité et à votre détermination si nous avons aujourd'hui le droit de faire des potagers là où il y a du soleil. Le Conseil de Ville s'enorgueillit de sa belle ouverture. J'aurais aimé lire et entendre de la part de nos élus une sincère reconnaissance à votre endroit. C'est à vous que Drummondville doit aujourd'hui cette belle image. On ne reviendra pas sur les "misères" dont vous avez été victimes, mais on se souvient.

  • Gilles
    03 avril 2013 - 13:39

    Reste maintenant à la ville de permettre aux citoyens qui le désirent de posséder des poules : ''Martine Clément demande à la Ville de Trois-Rivières de modifier sa réglementation municipale pour permettre aux organismes et aux citoyens qui le désirent de posséder des poules en milieu urbain.'' http://www.radio-canada.ca/regions/mauricie/2013/04/03/005-poules-cour-trois-rivieres.shtml Et comme Mme Clément : « On ne parle pas de poulailler, on ne parle pas de coq ou de reproduction. On parle de poules, pour avoir des oeufs frais le matin. »

    • Elodie
      04 avril 2013 - 18:05

      Effectivement, le potager urbain est un premier pas vers un monde plus vert, et l'autorisation d'avoir ne serait-ce que 2 poules pourrait être le 2ème pas en ce qui concerne la gestion des déchets ménagers car les poules mangent DE TOUT . d'ailleurs il y a quelques villes en Belgique qui offrent une paire de poule aux familles contre bon soins pendant 2 ans afin de diminuer les frais du ramassage des déchets !

  • Serge Girard
    03 avril 2013 - 10:40

    Bravo à la Ville de Drummondville qui est parvenu à cheminer dans ce dossier. Effectivement, comme mentionné par M. Husk, la Ville a paru comme un cancre et faut-il le dire : Elle a agit comme un cancre. Comment comprendre qu’elle favorise la création d’une montagne de déchets dans un milieu urbain et du même souffle qu’elle s’opposait à un jardin en face. Il est évident que l'écoute, l'ouverture et la transparence n'étaient pas au rendez-vous. Aujourd'hui, Mme la Mairesse réussi à retourner la situation en sa faveur. Dommage, que nos élus ne font pas le même cheminement avec le référendum sur l'agrandissement du site d'enfouissement secteur St-Nicéphore. En effet, au lieu d’assumer leur leadership dans le respect du choix de la population lors du référendum. Ils pellent dans la cour du Gouvernement du Québec leur responsabilité. Pourtant durant ce temps, ils guident et dirigent la MRC dans une augmentation du tonnage de déchets provenant de l’extérieur à 540 000 tonnes/année. Nos élus ont tous le loisir de bloquer l’agrandissement du site d’enfouissement. On n’a qu’à penser au zonage à modifier. Ils pourraient passer un règlement contraignant comme l’a fait la Ville de Gaspé pour le forage. Comment comprendre ce manque d’écoute, d’ouverture, de respect de la population et de transparence de la part de nos élus ? Qu’est-ce qui se cache derrière cet entêtement ?

    • Luce Daneau
      04 avril 2013 - 10:10

      Belle matière à réflexion! Merci M. Girard!

  • Jo
    03 avril 2013 - 09:35

    Je suis content pour les citoyens. Cependant, s'il n'y avait pas eu autant de controverse dans les réseaux sociaux et un débat mondial suscitant des réflexions nécessaires de la part de la Ville pour ne pas perdre la face, est-ce qu'il y aurait aujourd'hui acceptation des potagers urbains devant les résidences de Drummondville?