Car Sylvain St-Onge, le directeur général de la Corporation du développement communautaire, propriétaire de l’édifice du 255 rue Brock, agit davantage comme un gestionnaire de problèmes liés aux travaux sous-estimés à première vue. On se rappelle que la tornade de force F-0, sur une échelle de F-0 à F-5, avec des vents de 120 km/h, a frappé le centre-ville de Drummondville peu après 17 h 30, le samedi 8 septembre dernier, arrachant une partie de la toiture de la bâtisse La Marguerite, qui sert de lieu de travail à une cinquantaine de représentants d’organismes à but non lucratif.
«De l’extérieur, ça ne donnait pas l’impression que tout était à refaire à l’intérieur. Ce qui s’est passé, c’est que la structure du toit en s’abimant a cassé une demi-douzaine de gicleurs qui ont déversé de l’eau à grands jets durant une demi-heure. L’eau a causé beaucoup de dommages en s’infiltrant dans les murs, les plafonds et les boîtes électriques. Quand on a réalisé l’ampleur du désastre, nous étions certains que nous n’allions pas revenir ici», se souvient-il. De là, les initiatives d’aide pour héberger nos organismes ont fait surface, dont celle de Roger Dubois qui était prêt à nous fournir une bâtisse gratuitement. Pour le moment, nous ne pouvons utiliser que le tiers de la bâtisse. Certains de nos locataires ont pu se relocaliser ou ont tout simplement décidé de travailler de leur domicile».
Dans les autres parties, c’est l’amiante qui cause des problèmes. Des experts sont sur place depuis une semaine pour nettoyer toute la poussière d’amiante. «La semaine prochaine, ces travaux devraient être terminés. L’amiante, ce n’est pas une surprise dans les vieux bâtiments comme le nôtre et nous n’avons pas eu le choix de s’attaquer au nettoyage. C’est un travail exigeant. Les experts ont beau être habillés comme des scaphandriers, ils doivent prendre une douche en sortant de là».
Côté assurance, ça se passe bien, relate M. St-Onge. «Mais ça ne couvrira pas tout. Il manquera quelque chose comme 200 000 $ sur l’ensemble des travaux qui dépasseront le demi-million de dollars». C’est pour cette raison que le conseil d’administration de la CDC a décidé de lancer une campagne de financement pour appuyer ses démarches de restauration du bâtiment. Autre élément coûteux, la CDC devra essuyer un manque à gagner dans ses revenus de location. «Sur les 86 000 $ de revenus annuels de location, nous en perdons environ le tiers en 2012», a fait remarquer le DG qui tiendra le 24 octobre une conférence de presse pour faire état de la situation dans les moindres détails.
À travers tous ces problèmes, Sylvain St-Onge a noté une belle solidarité, autant de l’intérieur que de l’extérieur. «Certains de nos organismes moins touchés ont pu en héberger d’autres. De sorte que sept de nos 19 organismes sont toujours ici. Desjardins a trouvé un arrangement pour l’hypothèque. SGT nous a fourni une remorque pour entreposer du matériel. Les offres de soutien ont jailli de toutes parts On a vu plusieurs actions solidaires», a-t-il mentionné.
L'édifice La Marguerite, qui appartenait autrefois aux Soeurs de la Charité, a été classé bâtiment historique en 2002.
La tornade du 8 septembre a laissé d’autres traces à Drummondville. Ailleurs sur le territoire, les vents violents ont cassé et déraciné de nombreux arbres (entre autres à la Maison des arts Desjardins Drummondville et à l'école Jean-Raimbault) qui sont tombés sur des fils électriques causant ainsi plusieurs pannes de courant. La tempête n’avait toutefois fait aucun blessé.

